Réminiscences

25 novembre 2016

« J’ai retiré plus de choses de l’alcool que l’alcool ne m’en a retirées. »

Winston Churchill

On le saura, une bouteille de Saint Emilion 2003 a pour second effet kiss cool de raviver une mémoire rendue défaillante par les abus répétés d’un style de vie outrancier.

C’est ainsi que je me revois à l’âge de 6 ans, en promenade exceptionnelle avec mon père dans le parc non loin de l’appartement familial. D’habitude, il a tout de même autre chose à faire.

Nous sommes en hiver, je gambade joyeusement non loin de cet homme qui m’a conçu sans trop savoir pourquoi , emmitouflé dans un anorak gigantesque rouge. En chemin, je me retourne et constate qu’il s’est arrêté, ayant trouvé la voisine, Madame P., à qui il explique volontiers ses dernières aventures de médecin. Les yeux de la dite voisine, bien 60 ans à l’époque, fervente catholique de droite, s’écarquillent d’émerveillement au récit de cet homme de son milieu.

Pendant ce temps, je ne trouve rien de mieux que de me jeter tout habillé dans le bassin glacé et transperce facilement la fine couche de glace pour m’enfoncer dans l’eau stagnante et somme toute relativement profonde pour un gamin de mon gabarit.

Quelques secondes plus tard, mon père a la bonne idée de me sortir de là sous les piaillements affolés de la voisine. L’air de rien, je l’entends expliquer à cette vieille chouette que tout va bien et qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter :

« Le gosse n’a rien, il est juste un peu mouillé ».

La voisine semble sceptique, je grelotte un minimum. Nous rentrons à la voiture, ma main dans la sienne. Je suis gelé, mais sa main et son étreinte sont plus froides que la mienne.

Alors que le retour astringent du Saint Emilion fait son office, je réalise qu’il allait me falloir attendre plus de dix ans avant de remettre le nez dehors avec mon géniteur.

La famille, il n’y a vraiment que cela de vrai.

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La Citation de la Semaine

25 novembre 2016

« Nous apprécions le confort des opinions sans l’inconfort de la pensée. »

John F. Kennedy

Catching Up

9 novembre 2016

Pas à dire, c’est classe les titres en anglais.

Par où commencer ?

Par moi bien sûr ! Mais pas que.

Que sont devenus Caroline, Denis, Marc et sa cravate, Claire et tous mes merveilleux amis ? Avaient-ils seulement un avenir à l’époque ? Voilà, le suspens vous ronge désormais tel le vers dans la pomme trop mûre et nous ne manquerons pas d’y revenir plus tard.

Remontons le temps, jusqu’en 2010 :

La crise de 2008 a éclaté, les sociopathes des banques US ont trouvé le moyen de faire péter la planète entière, les marchés des matières premières sont tellement magouillés que des révoltes de la faim éclatent partout dans le monde… Tout d’un coup, la machine s’arrête, le rideau se tire (les investisseurs aussi) et le chômage explose.

Bref, Business As Usual.

Pour moi, cette situation que nos économistes en carton et nos puissant stratèges nommeraient « fluide » me laisse envisager une seule issue favorable et proactive. C’est donc avec le plus beau des sourires que, tel un dauphin du Hitchhiker’s Guide To the Galaxy gueulant « So long, and thanks for all the fish » en se barrant  comme des voleurs avant la destruction de la Terre, je me retrouve à organiser mon pot de départ dans les locaux de ma fière entreprise, dans une salle ornée de posters de prostates, pénis et autres colons en coupe de profil.

Classe.

Ils sont tous là, ou presque. Le Très Haut en déplacement depuis la Suède, mon manager historique avec ses kilos en trop et cernes sous les yeux, les pintades du réglementaire et même la folle de l’export ! En coup de vent, nous voyons passer des commerciaux et leur cravate par moment. Même la petite stagiaire que j’ai sauvagement culbuté il y a peu dans un bureau du R&D est venue avec le rouge aux joues. Trop mignon.

Pour eux, j’ai sorti le grand jeu : du Roederer et du Pol Roger niveau champagne. Côté grands crus, du Chateau Lafite-Rothshild ainsi que du Chateau Margaux font très bien le boulot. Bref, tout a été fait pour passer un moment agréable. Et pourtant…

J’avoue que j’aurais peut-être pu trouver un meilleur moment pour faire la fête. Autour de moi, les cadres et autres fourmis besogneuses ne me présentent que des sourires de façade et touchent à peine à mes macarons de chez Lenôtre.

Il faut dire qu’il ne s’est écoulé que deux semaines suite au suicide de Marc dans son bureau, à cinq mètres de là. Il laisse une femme, trois enfant et une boîte de chocolat.

 

 

Still Going Strong

9 novembre 2016

Chers amis…

Après quasiment huit ans d’absence extatique, votre Jeune Cadre Dynamique sort de sa tombe encore tiède tel une créature zombie heureuse de ne pas vivre !

Bon, faut dire, il y a de quoi raconter en ce moment. Plusieurs fois, au cours de ces dernières années, l’envie de partager avec vous ma vie absurde reflétant la réalité d’un monde devenu fou s’est avérée particulièrement forte. Mais il semble que l’actualité s’est mise en tête de dépasser mes attentes en termes d’absurde et de folie furieuse.

Mais là, spécialement aujourd’hui, le 9 novembre 2016, alors que Donald Trump vient d’être élu Président des Etats-Unis d’Amérique, je ne pouvais pas faire autrement que d’exhumer ce petit défouloir afin de revenir moi aussi dans cette danse folle.

Après tout, pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui s’amusent.

Quelque part, je me sens un peu Has Been avec mes trente huit ans, mon Audi TT, mon alcool très cher et mes escort platine quand il suffit d’allumer un téléviseur pour se faire pulvériser le cerveau par le spectacle hallucinant du monde politique, de la décadence des pays, du cynisme incroyable me faisant passer pour un fan de Winny l’Ourson et qui a fini de se répandre sur la planète tout au long de ces années que j’ai passées bien au chaud dans mon petit monde de merde mais néanmoins douillet.

Mais j’en ai, des choses à vous raconter ! Aller, vous en reprendrez bien encore pour un tour. Laissez-vous prendre par la main (pour commencer). La première gorgée avalée, vous verrez, le reste passera tout seul.

Burn Out :
Le syndrome du burnout se caractérise par un état d’épuisement général, à la fois psychique, émotionnel et mental; les «batteries sont vides» et le sujet n’est plus capable de récupérer sur de courtes durées. Ce syndrome d’épuisement s’accompagne d’une série de symptômes.

Bore Out :
Le bore out est un terme récent mis en avant depuis quelques années et qui est caractérisé par le désintérêt ou l’ennui dans le travail. C’est donc l’opposé du syndrome de burn-out bien que les conséquences puissent être semblables.

Brown Out :
(Psychologie) Perte de motivation au travail due à l’absurdité des tâches confiées par l’employeur.

Shoot Out :
Résultante des trois pathologies sus-citées. Implique généralement un fusil à pompe ou toute autre arme automatique.

La Pensée de la Semaine

27 février 2010

« Les enfants commencent par aimer leurs parents ; devenus grands, ils les jugent ; quelquefois, ils leur pardonnent. »

Oscar Wilde

Cette pensée fugace, coup de gueule et cris de détresse trans-générationnel, s’adresse à nos parents, ces quinqa-quelque-chose à qui appartient notre monde aujourd’hui.

Je suis NRV en ce moment.

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« Il y a des libertés : la liberté n’a jamais existé. »

Benito Mussolini

Extrait d’un Discours

Il semble que les revendications soient la tendance du moment alors voici les miennes. Elles ne vous priveront pas d’essence, ne vous empêcheront pas de partir en vacances ou de vous rendre à vos boulots assommant.

Soyez donc rassurés : cela ne fera pas trop mal.

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La Citation de la Semaine

14 février 2010

« Je crève d’envie de te faire avaler mes fluides corporels. »

Une jeune femme de bonne famille

rencontrée lors d’une soirée parisienne.

La Citation de la Semaine

4 septembre 2009

« S’il y a des traders, c’est parce qu’il y a des gens qui mettent leur argent sur une assurance-vie à capital garanti : il faut bien qu’il y ait un crétin qui prenne des risques pour assurer le rendement. »

Un trader

Des Racines et des Ailes

3 septembre 2009

Je vieillis.

Il n’y a pas si longtemps de cela, ma résistance à l’alcool me permettait de survivre jusqu’au bout à des soirées dont le seul but semblait être un joyeux suicide éthylique collectif. Désormais, le champagne m’attaque les neurones aussi bien que l’estomac.

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