“Baisers, baves d’amour, basses béatitudes, ô mouvements marins des amants confondus.”

Paul Valéry, Album des vers anciens

Jamais je n’aurais cru dire ça, mais nous y voilà. Tu es arrivée dans ma vie, entre deux tractions deltoïdales dans notre club de sport, et depuis notre première nuit passée ensemble je flotte. Bercé par une sérénité nouvelle je flotte et te regarde, t’observe, te dévore, en me faisant la réflexion tranchante, dont la vérité première tombe comme une pierre :

Depuis tout ce temps, serais-je enfin heureux avec quelqu’un d’autre que moi-même ?

Chaque expression, chaque mouvement, tout de toi me ravit. Tes sourires pendant que je nous prépare un repas et que tu poses mes assiettes Habitat et mes couverts Jacqueline Ryu sur la table basse, Habitat elle aussi, tes froncements de sourcils pendant l’effort physique, ta bouche pendant que nous faisons l’amour, ton cou… mon dieu, ton cou…

Je me perds le long de tes cuisses fermes et fines pendant que ma langue remonte vers ton sexe lisse et humide, ma satisfaction passe par ton soupir de plaisir pendant que je te pénêtre et que nous bougeons ensemble, enlacés, tes yeux fixés sur les miens, nos langues s’explorant mutuellement.

Mais voici ce qui, paradoxalement, me fait le plus d’effet : me réveiller à tes côté le matin suivant, ta tête posée sur ma poitrine, tes bras autour de mon cou, ta jambe sur mon ventre. Ce qui m’irrite au plus haut point avec les autres me passionne avec toi, j’ai peur de rompre ce contact, peur de te voir partir, alors que le temps semble s’être arrêté sur un moment de bien être parfait, où tout semble avoir trouvé sa place.

Plus que toute autre chose, tu me fais me sentir humain, vivant, utile. Laisse-moi me noyer encore en toi, j’ai trouvé en toi ma nouvelle drogue. Ton sourire est ma cam, tes mains mon alcool, ton sexe mon absinthe.

C’est alors que, au petit déjeuner pris au lit, entre le café et le jus de fruit frais préparé au blender Philips (le modèle tendance qui fait de la lumière bleu), tu m’annonces ce qui te tracasse depuis plusieurs semaines maintenant.

Tu dois quitter la France pour ton boulot et ne reviendra pas, en toute logique, avant 3 ans. La date de ton départ est déjà fixée.

Emilie, dans 1 semaine, tu auras disparu de ma vie.

5 réponses vers “De l’affect à se noyer dedans”

  1. Une lectrice a dit

    Il te reste encore Caroline ;-)

  2. nosroth a dit

    C’est bien ce qui me fait peur… :(

  3. angel a dit

    eyh lover, tu veux que je e repete ce que tu m’as seriné à m’en faire exploser les tympans “PROFITES”

    d’aileurs j’ai pas ton mail alors voila celui que je t’avais préparé:

    coucou mon petit pipou,

    je t”‘oublie pas et j’attends que tu m’invites ma petite poule

    alors fais signe (un grand feu sur la colline ou qq chose de plus simple)

    ca vaaaa?

    Angel

  4. Olivier G. a dit

    De toutes façons, tu veux changer de vie et de boulot, alors pars…

Laisser un commentaire