Bach, éternel
6 novembre 2008
Visualisons la scène suivante ensemble si vous le voulez bien.
Un bureau, un ordinateur et son écran plat Samsung Wide 16/9 24″, un JCD vautré dans son fauteuil ergonomique IKEA (49 €, très bon rapport qualité prix), un home cinéma à l’ampli honteusement puissant, un CD de musique classique, et un film de cul.
Voilà, nous pouvons commencer :
Voici donc notre sympathique JCD, vautré comme prévu à son bureau, en train de regarder d’un oeil plus ou moins absent un film en streaming montrant deux anorexiques d’europe de l’est, nommément Irina et Emma, en train de s’astiquer avec application à grands coups de langues et à grand renfort de gémissements miaulant.
Derrière lui, les enceintes du home cinéma diffusent les Variations Goldberg, de Johann Sebastian Bach, interprêtées par Glenn Gould. Sur son bureau, un verre de Lagavulin aux reflets cuivrés répand son délicieux arome tourbé.
Pris dans le moment, notre héros commence à se branler quand Emma enfonce un énorme plug anal dans l’orifice d’irina qui commence à glapir dans un mélange subtil de douleur et de plaisir. Pendant ce temps, Glenn Gould décline l’Aria introductive (une sarabande lente et ornée, fondée sur le motif de basse très répandu de la “gagliarda italienna”) et la développe pour la cinquième fois (il existe 30 variations, divisées en deux parties distinctes de 15). Chaque note parfaitement posée, la théorie parfaite, une fois encore le pianiste démontre sa complète maîtrise de son instrument. Tout est carré, parfaitement organisé par le compositeur et parfaitement interprêté par Gould, tout emmène vers la sérénité alors que les variations s’enchainent et que l’orgasme se rapproche doucement.
Nos deux amies Irina et Emma ont sorti un double gode sur lequel elles s’empalent toutes deux en couinant, et c’est alors que Glenn Gould, après avoir bouclé les 30 variations, finit par revenir à l’Aria de départ en concluant cette oeuvre sublime à la construction quasi mathématique, que notre héros éjacule en soupirant.
Chose curieuse cependant, alors que l’orgasme le saisit, notre sympathique JCD se souvient tout d’un coup que les Variations Goldberg sont le morceau de musique préféré du tueur en série Hannibal Lecter, imaginé par Thomas Harris dans son Silence des Agneaux.
C’était le petit moment tendresse intime musical.
C’est plutôt “American Psycho” qui me vient a l’esprit là.